Présidentielle du 18 octobre : L’Union européenne sort de sa réserve et menace Alpha Condé et son régime

Alpha Condé franchira t-il le rubicond en prenant le gros risque de se présenter comme candidat à la demande de son parti formulée le jeudi 06 août dernier au palais du peuple ? Rien n’est moins sûr !

En lançant la phrase: « Je prends acte », avant de poser des conditions relatives à l’amélioration des conditions de vie des militants de première heure qui ont souffert pour le parti comme il l’a fait lors des présidentielles de 2015 en s’apitoyant sur le sort, la misère, la pauvreté de ses militants RPC; des rappels historiques pour des raisons électoralistes, le « boulanger de Conakry » qui prend ses compatriotes pour des moutons de panurge, est devenu amnésique.

Faut-il rappeler que c’est pendant les préparatifs de la convention nationale d’investiture du candidat du parti présidentiel au siège national à Gbessia, qu’il a été retenu par le bureau politique national au grand complet la réponse du Chef de l’Etat: « Je prends acte » à la demande faite par ses partisans.

Pourquoi? C’est une stratégie d’Alpha Condé et de son parti, histoire de continuer à mener les Guinéens en bateau, à donner l’impression qu’il n’est pas intéressé, tout au moins qu’il peut dire non à la demande, entretenant le flou artistique sur sa candidature en utilisant des subterfuges pour gagner du temps et surprendre ses adversaires, l’opinion publique nationale et internationale. C’est un secret de polichinelle: Alpha Condé est bel et bien candidat. Il veut s’éterniser et mourir au pouvoir à l’image d’Ahmed Sekou Toure, Lansana Conté. Dans une de ses confidences à son entourage infiltré de mercenaires connus et inconnus, le locataire de Sekhoutoureyah ne dit-il pas souvent: « Sekou Toure est mort au pouvoir, Lansana Conté est mort au pouvoir.. Pourquoi moi je ne peux pas mourir au pouvoir? »

Aujourhui, il n’y a plus de doute ou d’interrogations à se poser. C’est pourquoi, dans un communiqué dont notre rédaction a reçu une copie, l’Union européenne, est, on ne peut plus claire, décidée, sous réserve de la candidature d’Alpha Condé pour un troisième mandat, de prendre l’embargo et de mettre à exécution d’autres sanctions contre le Président guinéen, les dignitaires de son régime…

« Vu le discours pas très rassurant du Premier Ministre et le Président de la république de Guinée, ainsi que celui de la Côte d’Ivoire, l’Union européenne et le conseil de sécurité ont décidé de ce qui suit:

– Mise en demeure juridique, avec communiqués de presse. Les avis et résolutions de l’UEMOA, de la CEDEAO, de l’Union africaine, le tout couronné par une résolution du conseil de sécurité de l’ONU,

– Suspensions économiques avec embargo sur les décaissements du de la Banque mondiale, Fonds monétaire international, de l’Union européenne, de la BAD, un embargo économique sur les exportations minières, commerciales, les importations de médicaments,

– Si possible une intervention militaire couverte par une résolution du Conseil de sécurité des nations unies ainsi que des restrictions de déplacements des membres des deux gouvernements ».

« Prévenir vaut mieux que guérir », dit-on.

Les choses sérieuses commencent. La récréation est terminée.

A bon entendeur salut!

Amara Sylla, indiscretguinee.com