Grands reportages : Les éleveurs peuls et le poison jihadiste

Les peuls peuple nomade séculaire, sont désormais au cœur de l’insurrection jihadiste qui se propage au mali depuis 4 ans.

Au fil du mois le jihadisme a attisé les conflits intercommunautaires, entre éleveurs peuls et agriculteurs bambaras ou dogons. L’accès à la terre est devenu l’objet d’affrontements sanglants. Une partie de la jeunesse peule, surtout des bergers a rejoint les cellules jihadistes liées à Al-Qaida poussée par la pauvreté, le sentiment de marginalisation.

« Aujourd’hui les jihadistes recrutent sur WhatsApp. Il faut arrêter l’hémorragie ». Dans le centre du Mali en guerre, l’imam Hama Cissé a regardé, impuissant, une partie de la jeunesse peule rejoindre les rangs de la katiba Macina. Et son chef, le jihadiste Amadou Koufa, devenir une icône des réseaux sociaux.

L’imam Cissé « connait bien » Koufa. Dans les années 80, ils ont étudié ensemble le Coran. A cette époque, Koufa n’est pas encore le prédicateur qui veut imposer la charia et interdire la musique. Griot de profession, il déclame des poèmes « en l’honneur des jolies demoiselles » contre un peu d’argent.

C’est bien plus tard, après avoir achevé son éducation religieuse à l’étranger, qu’il va se radicaliser. L’homme est charismatique, sa voix haut perchée reconnaissable entre mille. Lorsqu’il commence à prêcher, le succès est immédiat. D’autant qu’il parle en fulfulde, la langue peule.

Ses discours enflammés passent en boucle sur les radios locales. Dans les écoles coraniques, sur les marchés à bétail, on s’arrache les cassettes audio de ses sermons. Koufa dénonce la mendicité, les injustices contre les Peuls, les grandes familles de marabouts… Les bergers surtout l’adorent.

Avec AFP

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